Arrivé un dimanche à Paris pour régler diverses questions, j’ai appris que la cérémonie de crémation du Professeur  M. S. aurait lieu le mardi suivant .

Peu de monde, hormis quelques huiles de l’Institut que j’ai particulièrement apprécié de pouvoir saluer.
Il est vrai que le défunt s’était attiré sur la fin de sa vie de nombreuses inimitiés à force de faire n’importe quoi pour satisfaire aux besoins de plus en plus aigu de reconnaissance qu’il ressentait . Il en était devenu ridicule (sa renommée dans sa partie n’étant plus à faire) et nuisible. Ainsi les autorités de trois pays avaient sollicité une personne que j’ai fort bien connue afin qu’elle publiât certain travail scientifique dont l'édition française (voulue par l’auteur) devait recevoir l’aval de M. S. . Celui-ci s’est assis sur le manuscrit trois ans durant. Tant et si bien qu’une étude canadienne, similaire et honorable,  a fini par être éditée de l’autre côté de la Méditerranée rendant ce travail caduque.
Bandes de cloches éprises de leur ego et de leur parti pris.
J’étais venu à cette cérémonie pour témoigner que les sottises et les rancoeurs se dépassent.
J’étais en avance et laissais errer mes pensées dans les allées sereines du cimetière du Père Lachaise .
Je me suis voté une paire de baffe lorsque j’ai songé que si  M. S. avait su éviter les fours des camps de concentration  de Pologne en tant que juif polonais  d’origine, il n’échapperait pas au  four crématoire du Père Lachaise.
Sottise rime bien avec expertise. Heureusement, je ne revendique que sottise.