Expositiion Universelle Romaine - EUR
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Lettre ouverte

Rome - Quartier EUR - Palais omnisports

Rome - Quartier EUR - un des axes
Solitude,
Tendre et fidèle amie, laisse moi te rappeler un souvenir dont tu dois déjà tout connaître. Nous cheminons ensemble, appuyé l’un sur l’autre, depuis si longtemps que tu as certainement fini par me connaître mieux que moi-même.
Et puisque tout chemin mène à Rome, nous y voici précisément, dans ce quartier dont la construction a été lancée sous Mussolini, dénommé EUR, voulu comme la vitrine de l'univers latino-romain offerte à la face du Monde. Ce quartier élégant comporte de nombreux édifices futuristes (sens premier du terme) que les fastes des cycles économiques successifs on rajoutés pendant plus de 60 ans (Musée mussolinien de la civilisation romaine, Gymnase olympique JO 1960, plan d’urbanisme, immeubles de marbre, etc.)
Je m’y réveillais après avoir passé une nuit avec ma compagne, nous avions 23 ans et notre beauté insolente pour toute richesse.
Notre logeuse à peine plus âgée que nous , mais heureuse secrétaire d’un des patrons de l’ENI (holding financière portant les participations industrielles de l’Etat italien) nous avait ramassés sur l’autoroute la veille tandis que nous faisions du stop en direction de la Sicile.
Notre liberté lui fit sans doute envie. Elle décréta d’être malade, de ne pas aller travailler et de rester à la maison ce jour là, décision prise après avoir rapidement calculé que l’excuse n’avait pas été utilisée plus de trois fois au cours du mois écoulé.
Son copain était bien entendu prié de rester auprès d’elle, le sexe sous le bras, prêt à obtempérer au desiderata de cette jeune mégère.
Quant à C., ma compagne, et moi nous étions priés de poursuivre notre route pour laisser l’intimité voulue au événements à suivre .
Ce que nous fîmes avec promptitude, puisqu’à cheval donné on ne regarde pas les dents.
J’ai soudainement eu l’impression d’être perdu sur une île déserte en face de la légitimité de cet égoïsme brutal et monolithique.
Solitude, tu étais bien là, ce jour précis. Tu nous a regardé faire nos légers baluchons. Tu n’as rien fait, pas un commentaire, pour endiguer cette vague d'égoïste : après avoir rempli notre rôle d’animaux d’agrément on nous renvoyait à la rue d’où nous venions.
Il n’y avait rien à redire, cela s’insérait dans les règles du jeu acceptées a priori : abdiquer une partie de notre dignité, être tributaire.
Ne crois pas que je t’en veuille, bien au contraire : l’isolement que toi seule sais me procurer afin que je puisse lécher mes plaies éventuelles. est irremplaçable. Il n’y a guère que toi qui me permette encore de retrouver mon souffle et le calme des pulsation de mon cœur, après mes plongées profondes en apnée.
Il fallait bien que ma gratitude te fut dite un jour.
Solitude, mon amie, prends les libertés que tu juges utiles, mais je t’en supplie ne me quitte jamais tout à fait – Sinon comment maintiendrai-je les rendez-vous que je fixe de loin en loin à moi même ?
J’y puise tout mon souffle.
D’accord ? je peux toujours compter sur toi mon amie ? Je t’épaulerai comme toujours.
Reçois le gage de mille baisers tendres.
Je te promets de te les compter un à un lors de notre prochaine rencontre..
Barnabé
mercredi 01 juillet 2009 à 01h52
par troll
dans Echange Broderie
Oui, Solitude, ne t'éloigne jamais trop, il fait si bon de rester contre toi dans le calme que tu propose...