Monsieur CAMPANA
Certains objets proviennent d’amateurs plus sulfureux et peu scrupuleux comme M. Campana, patron d’une banque vaticane de Rome à l’époque où les Etats pontificaux englobaient le territoire romain et avoisinant. Cet érudit collectionneur confondait les fonds de la banque dont il avait la direction et ses propres ressources pour accumuler de remarquables ensembles d’antiquités étrusques, gréco-romaines et de peintures ‘modernes’ (entendez notamment Ingres).
La décision cupide du Vatican de disperser ces collections à titre de dédommagement fut une aubaine pour les musées du monde entier afin d’enrichir leur fonds, mais elle privait la future Italie d’un riche et abondant matériel archéologique et pictural .
Il demeure que sans la perspicacité, la patience, le goût de cet homme, le département des antiquités romaines du Louvre serait bien moins riches (la France -Napoléon III- a acquis environ 10 000 objets répartis dans divers musées, dont le Louvre).
Il est mal aisé de juger pareil homme. Il y a eu une lourde indélicatesse de sa part, et d’autre part la démonstration certaine de ses talents intellectuels , esthétiques et historiques, doublée d’une large ouverture d’esprit puisque lorsqu’il était détenteur des ces objets - ceux-ci restaient facilement accessibles à un public choisi-.
S’ériger en juge est sans intérêt. Il demeure le mérite de tous ces contributeurs. Quand à ceux qui hurlent à la spoliation de leur patrimoine national, je serait enclin à leur dire qu’ils n’avaient qu’à en prendre soin en temps opportun et qu’ils seraient mieux avisés en remerciant ceux qui se sont substitués à eux pour les conserver et que de national, le patrimoine est devenu également mondial.

etc...
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